Courrier de Tartarie, Peter Fleming

Notice bibliographique

Courrier de Tartarie

Peter Fleming, Courrier de Tartarie

Courrier de Tartarie / Peter Fleming ; trad. de l’anglais par S. et P. Bourgeois ; suivi d’un entretien avec Ella Maillart par Catherine Domain. – Paris : Phébus, 1989. – 423 p. : carte, couv. ill. en coul. ; 21 cm. – (D’ailleurs, ISSN 0180-9685). – ISBN 2-85940-133-0 (erroné, 2-85940-135-0) (br.) : 138 F. ; traduction de : News from Tartary.

Sujet(s) :

  • Fleming, Peter (1907-1971) — Voyages — Asie centrale
  • Maillart, Ella (1903-1997) — Voyages — Asie centrale
  • Xinjiang (Chine) — Descriptions et voyages — 1900-1945
  • Asie centrale — Descriptions et voyages — 1900-1945

Indice(s) Dewey :

  • 915.160 44 (23e éd.)

Résumé

“Chine, 1935. Une demoiselle intrépide et un jeune Anglais ami des grands chemins, bloqués à Pékin par la guerre civile, décident de rentrer au pays en traversant sans visa – et presque sans bagages – les déserts d’Asie Centrale. Ce périple insensé, à travers l’une des régions les moins explorés du globe, vaudra aux lecteurs européens deux chefs-d’oeuvre de la littérature voyageuse. La demoiselle s’appelle Ella Maillart : son livre (Oasis interdites, Payot, rééd. 2002) passe aujourd’hui pour un classique. Le jeune homme a nom Peter Fleming (frère de Ian) et se trouve être à vingt-huit ans l’un des meilleurs écrivains de sa génération. Courrier de Tartarie, considéré comme un livre-culte par des millions de lecteurs anglo-saxons, n’avait jamais été réédité en France depuis 1938.
Aux lecteurs d’aujourd’hui est donc proposée cette rare aubaine : vivre deux fois une aventure parmi les plus effarantes qui puissent se rêver… car le talent des deux voyageurs est tel, qu’à dévorer leurs livres l’un après l’autre, on a l’impression d’accomplir deux voyages dans des mondes différents. Preuve s’il en était que la réalité la mieux à même de nous fasciner ne comptera jamais autant que le regard qui la fait vitre ou revire.”
(Source : Courrier de Tartarie, Peter Fleming, 4ème de couverture)

Notes de lecture

Hasard de la lecture et des rencontres. Pour la première fois depuis 18 ans, j’ai adressé la parole au bouquiniste du marché de M… . Peut-être le bouquiniste n’est-il pas là depuis 18 ans, mais qu’importe. Depuis le temps que je fréquente cette station balnéaire et son marché, c’est la première fois que j’ose lui adresser la parole. Que j’ose lui adresser la parole, en dehors des polis “bonjour”, “merci”, “au revoir”, parce que ce n’est pas la première fois que je lui achète des livres. Mais jusqu’alors il s’agissait plutôt de poésie et d’ouvrages sur ou de Stefan Zweig – J’ai eu ma période Stefan Zweig – et mes achats étaient des achats coups de coeur, déjà présents dans les bacs. Mais là, à lire la 4ème de couverture de Courrier de Tartarie de Peter Fleming, j’ai tout de suite eu envie de lire Oasis Interdites d’Ella Maillart. Et donc je lui ai parlé. Pour lui demandé si par hasard… Mais non. Tant pis, je suis reparti, les jours suivants et parmi ses propositions, avec Eric Tabarly, Jacques Lacarrière et Alexandra David-Néel.

Ella Maillart et Peter Fleming

Ella Maillart et Peter Fleming

Courrier de Tartarie… Nous ne sommes pas très loin de l’Himalaya, pas très loin de la “montagne”, encore une fois. Encore une fois, je ne sais pas pourquoi, ce récit m’a autant attiré, m’a autant fasciné. Cette aventure, pour passionnante qu’elle soit, vaut surtout pour cette particularité : son caractère double et opposée. Ella Maillart et Peter Fleming ont parcouru le même chemin mais n’ont pas vécu les mêmes aventures. Pour l’anecdote, mais pas tant que ça en fait, Peter Fleming est le frère de Ian Fleming, le père de James Bond. Peter, au service de sa majesté lors de cette traversée, aurait inspiré à son frère, le fameux agent 007.

Courrier de Tartarie : un parcours de 7 mois

Pour chaque date précise, pour chaque repère temporel relatif, pour chaque durée figurant dans le récit de Fleming, inscrire une entrée avec le texte correspondant. Voilà, ce que j’aimerais faire avec le récit de Fleming. Puis avec celui de Maillart lorsque je l’aurais acheté et lu. Le tout accompagné d’une carte et ce sera parfait ! Un jour qui sait. En attendant voilà le début de leur périple.

“La plupart des voyages débutent de façon moins tranchée qu’ils ne s’achèvent ; fixer la véritable origine de celui-ci dans le temps ou dans l’espace est une tâche à laquelle je ne m’attacherai pas. Il me semble commode de faire partir mon récit du moment où je me suis rendu compte, non sans une légère sensation de plaisir et de surprise, que j’étais effectivement en route.” Peter Fleming, Courrier de Tartarie, page 23.

  • [s.l.], 1 an auparavant – (p. 24) Aucun de nous n’estimait nos chances d’aboutir à une sur vingt, mais depuis un an j’avais envie de tenter ce voyage, et le fait de m’être mis en route me suffisait.
  • Asie, 6 mois auparavant – (p. 25) Je voyageais depuis six mois déjà ; crèches de l’Ukraine, sangliers du Caucase, tombe de tuiles bleues de Tamerlan à Samarkand, et la ligne du Turksib, légendaire pour ses lenteurs ; bandes de forçats au-delà de la frontière de l’Amour, ville garnison de Vladivostock ; senteurs de l’opium dans les auberges de la Mandchourie, soldats japonais tirant sur d’invisibles bandits à travers les roues d’un train, petits chevaux et fortes gelées de Mongolie ; à Noël, une chasse à la bécassine sur le Yangtsé, et une partie de squash à l’ambassade de Tokio… Cette bizarre expédition avait été précédée d’un long prélude, mais celui-ci avait fourni assez de généralités à effet, triées en trois piles de prose à toute épreuve, pour satisfaire l’insatiable appétit de la page centrale du Times ; je me sentais libre d’encourir un échec.

Premier constat, j’ai déjà envie d’arrêter cet exercice de copie/recherche de trajet pour plonger dans le Times à la recherche des articles de Peter Fleming… Aucune constance… Beaucoup de dispersion ! 🙂

  • Harbin, novembre 1934 – Notre prochaine rencontre (avec Ella Maillart) fut moins banale. Elle se place à Harbin, un soir au début de novembre.
  • Pékin, vendredi 15 février 1935 – (p. 26) Pour nous faire ses adieux, Pékin s’était déguisé ; en cela, comme en beaucoup de ses manières, il présentait une curieuse ressemblance avec Oxford, dont l’originalité n’est jamais en défaut. Une demi-douzaine de pierrettes et d’apaches en manteaux de fourrure, barbouillés de bouchon brûlé, mirent à notre départ fantasque par le train de minuit une note cocasse à souhait. Un confrère journaliste, célèbre pour sa collection de portraits, pris sur un quai de gare, de missionnaires victimes éventuelles des bandits, nous photographia sous une forme nettement funèbre ; et sur les volutes des lourds nuages de magnésium paraissaient danser les en-têtes vraisemblables : “Dernier cliché… cette entreprise téméraire… d’après le rapport du Gouverneur civil… il faut maintenant renoncer à tout espoir… nouveaux efforts pour retrouver les corps.”
  • Pékin, vendredi 15 février 1935 – (p. 24) Je me trouvais à la tête d’un groupe de quatre personnes, qui avaient quitté Pékin la nuit précédente, avec l’intention secrète de gagner les Indes (distantes de cinq à six millliers de kilomètres) par voie de terre, en passant par le nord du Thibet et le Sinkiang.
  • Entre Pékin et Hankéou, samedi 16 février 1935 – (p. 23) Je me trouvais, seul, dans le wagon-restaurant de la ligne Pékin-Hankéou, à la fin de l’après-midi du 16 février 1935. Le train roulait assez lentement vers le sud, à travers le Hopei.
  • Chengchow – (p. 47)
  • (A suivre)

Voir aussi :

  • Ella Maillart, Oasis interdites ; Préface de Nicolas Bouvier. Payot (Paris), janvier 2002. 352 p. Petite Bibliothèque Payot, 175. ISBN 978-2-228-89517-0.

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