Très brève relation de la destruction des Indes, B. de Las Casas

Notice bibliographique

Très brève relation de la destruction des Indes

Bartolomé de Las Casas, Très brève relation de la destruction des Indes

Très brève relation de la destruction des Indes : 1552 / Bartolomé de Las Casas ; introd. de Roberto Fernandez Retamar ; trad. de l’espagnol par Fanchita Gonzalez Batlle. – Paris : La Découverte, novembre 2014. – 151 p. : couv. ill. en coul. ; 19 cm. – (La Découverte/Poche, 1. Littérature et voyages). – ISBN 978-2-7071-4417-1 (br.) ; note biogr. ; notes bibliogr. ; titre original : Brevísima relación de la destrucción de las Indias ; édition originale : François Maspéro (Paris), 1979.

Sujet(s) :

  • Casas, Bartolomé de las (1474-1566)
  • Indiens d’Amérique — Droits — Amérique latine — 16e siècle — Sources
  • Colonisation — Amérique latine — 16e siècle — Sources
  • Amérique latine — Découverte et exploration espagnoles — 16e siècle — Sources
  • Espagne — Colonies — Amérique — 16e siècle — Sources

Indice(s) Dewey :

  • 980.013 (23e éd.)

Résumé

Soixante ans après le premier voyage de Christophe Colomb, Bartolomé de Las Casas, religieux dominicain, rédige à l’usage du souverain espagnol un réquisitoire contre la colonisation dans les premiers territoires conquis d’Amérique : Cuba, Hispaniola (Saint-Domingue), les Antilles, le Mexique, la Nouvelle Grenade… Il dénonce les atrocités, la cupidité et le cynisme des conquérants, la nocivité du système d’exploitation, du partage des terres et des hommes en encomiendas. Bartolomé de Las Casas ne sera pas écouté, et la “destruction des Indes” s’achèvera par la quasi-extermination des Indiens, avec pour conséquence l’importation d’esclaves d’Afrique. Las Casas reste dans l’histoire de l’Amérique comme le premier défenseur des Indiens opprimés. Et son œuvre demeure un document unique, une source de première main, un réquisitoire parfois insoutenable.
(Source : Très brève relation de la destruction des Indes, B de Las Casas, 4ème de couverture)

Notes de lecture

La Découverte/Poche. Littérature et voyages

La Découverte/Poche. Littérature et voyages

Très brève relation de la destruction des Indes… Oserai-je avouer que si j’ai choisi, acheté ce livre, c’est parce qu’il est le 1er de la collection La Découverte/Poche. J’ai lu Le Devisement du monde, les mémoires de Marco Polo, (n° 45, 46 et 341 de cette collection), commmencé Aden Arabie

“J’avais 20 ans et je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie…”

– de Paul Nizan (volume 125), il y a quelques années. Et j’ai toujours aimé la maquette de cette collection, le rectangle bleu avec le numéro au milieu et le logo des éditions La Découverte placé en bas, toujours trouvé que ces livres, rangés, ces 3 malheureux bouquins, bien peu somme toute, dans ma bilbiothèque étaient remarquables et harmonieux. Rigoureux, je ne crois pas l’être, rassuré par la régularité, oui.

Mais soit, j’ai acheté ce livre pour sa place dans la collection La Découverte/Poche qui fait aussi de lui le premier dans la série “Littérature et voyages”. Et je pensais lire un récit historique et isolément contradictoire au colonialisme de l’époque, brutal, sanguinaire et inhumain. Je pensais lire une autre “Controverse de Valladolid” . Un accroc dans le discours courant de cette époque, un reflet différent des “colonisateurs”, des civilisés de cette époque sombre de l’histoire des êtres humains, celle où certains êtres humains se sont posés la question de savoir si tous les Hommes avaient une âme, “tous” étant les autochtones du continent américains, indiens d’Amérique. Oui, finirent-ils par répondre, fort heureusement pour eux mais malheureusement pour les Africains de cette époque, futurs massifs esclaves des colonies américaines.

Et je me retrouve, avant même d’avoir commencé le texte de Las Casas proprement dit, avec une introduction politique, engagée, marxiste même… même si je ne suis pas sûr du sens à donner à ce mot. Tellement engagée que j’ai dit du m’y reprendre à 2 fois pour être sur qu’il ne s’agissait pas d’une justification du colonialisme et de ses conséquences. Genre : Le colonialisme espagnol a eu un Bartolomé de Las Casas, lui. C’est moins pire que les autres colonialismes européens qu’ils soient Anglais, Français, Hollandais, Portugais ou Allemand. Mais non.

Et cette introduction anti-capitaliste (ah oui, elle a été écrite à La Havane en 1976) cherche également à rendre sa place à l’Espagne dans l’histoire des colonisations sans la justifier mais aussi sans minimiser la place qu’elle tient encore aujourd’hui culturellement dans la sphère d’influence hispanique,  mais aussi sur l’Espagne telle qu’elle est, riche d’un héritage, juif, musulman, arabe au sens large, asiatique, même, bourgeoise et paysanne, féodale. “L’Afrique commence aux Pyrénées” , citation attribuée à Alexandre Dumas père, reprise par Albert Camus, en 1959. C’est une autre façon d’envisager l’Espagne. Un pays multiculturel : Espagne européenne et Espagne africaine, fruit de mélange, de guerres évidemment, de violence, dont “l’occupation” arabe, peut-être devrait-on pour enlever le côté négatif parler de “période arabe” .

Ah ! Lire pour se poser des questions, quel plaisir !

Les messagers de Montezuma décrivent l'armée de Cortez à leur chef

Les messagers de Montezuma décrivent l’armée de Cortez à leur chef. Anonyme, Espagne, 18e siècle.
Huile sur toile, 72.5 x 56cm. Madrid, Museo de America.

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